Le nouvel âge sociologique
Publié il y a 27 mois par Nicolas auray dans Quatorzaine - l'Entreprise face aux réseaux sociaux .
Bonjour, ci-joint un texte qui développe un plaidoyer, dans le contexte du développement des réseaux sociaux, pour un rapprochement entre Directions des Systèmes d'Information et sociologues. Intitulé "Le nouvel âge sociologique", il développe quatre pistes de recherches croisées possibles. Cette contribution est la version augmentée d'un texte à paraître dans le n° de décembre de l'excellente revue Telecom. A noter que le numéro de décembre de la revue Telecom sera consacré au Web 2. Bien cordialement, N. Auray - département Sc. Eco et Sociales - Telecom ParisTech
Le nouvel âge sociologique du Web. Quatre pistes pour de prochaines synergies entre ingénieurs et sciences sociales.
Nicolas Auray, département SES, Telecom ParisTech
3 réponses
Réponse de MICHELLE M.B. BOUCHACOURT reçue par mail :
La sociologie était interessante avec les Tocqueville,Weber,etc...,Depuis,je crois que c´est devenu l´art des profils et statistiques au service de la vente..(?)
Par ailleurs,on parle des médias sociaux,lá oú on parlait de multimédias,il y a seulement qq années,les consultants sont devenus les consultés...je ne serais pas surprise si je découvrais qq "nouveautés !" dans ce bouquin.
La sociologie ne devrait pas etre séparée non plus ,á mon avis,de la psychologie,et représenter non pas le tableau des habitudes d´achats,ce qui est ridicule pour la sociologie,mais un portrait de l´ensemble des habitudes et des formes de réactions d´une population donnée,par rapport á des événements définis.
ex.,comment les gens réagissent á la pub,de quoi ont-ils peur,(ex.,de la mort,de parler en public,...),qu´est-ce qui les motive,etc
Bouchacourt
Nicolas,
je trouve le point de vue que tu développes dans cet article extrêmement intéressant.
merci d'avoir partagé ce papier, d'autant que si je renouvèle tous les ans mon adhésion à l'association des anciens, je dois reconnaitre que cela fait un moment que je n'ai pas renouvelé mon abonnement à la revue Telecom, car je ne dégageais pas le temps pour en lire le contenu... :-(
Quand tu dis que "Quatre sortes de nouvelles alliances [entre ingénieurs informaticiens et sociologues concernant la segmentation, la gouvernance, l'exploration curieuse et la vie privée] sur le traitement et l’exploitation des bases de données, sont sans doute au cœur des gisements de valeur pour les années à venir dans le domaine du Web 2", je pense que tu as raison. Il y en a peut-être d'autres mais celles-ci constituent bien des gisements de valeurs à explorer.
Ceci-dit, je trouve tout ce programme extrêmement ambitieux (trop ?). Je suis devenu en effet dubitatif (je suis pourtant ingénieur) dans notre capacité à tirer partie, à donner du sens au travers des résultats de programmes informatiques statistiques (même conçus par de brillants ingénieurs informaticiens et statisticiens à l'esprit très cartésien) à des fins de sciences économiques, humaines ou sociales comme on vient, encore une fois, d'en faire la cruelle expérience lors de la crise que nous venons de vivre. Je crains que ce graal que tu appelles de tes voeux et qui permettrait de modéliser un peu plus l'humain ne soit in-atteignable....


Bonsoir Nicolas,
Ce superbe article arrive à point nommé. D'une part, il émane d'un chercheur reconnu de Telecom ParisTech, école d'excellence avec qui le G9+ souhaite se rapprocher, mais aussi parce que tu as choisi notre site de débat pour échanger en préparation de la quatorzaine des réseaux sociaux et de la rencontre annuelle du 8 décembre lors de laquelle nous nous retrouverons. Mais surtout, sur le fond, ton travail rejoint - toutes choses égales par ailleurs - le modeste travail qu'une équipe d'amis et moi avons réalisé sous la forme d'un cahier de Centrale Marseille Alumni intitulé : "Les nouvelles technologies du lien social" (La couverture : http://ow.ly/BsxU ; Le dossier (première page blanche, il faut descendre dans le doc) : http://ow.ly/BsyJ) et repris d'ailleurs par Centrale Lille Alumni dans leur revue L'ingénieur : http://ow.ly/BsAd.
Avec Stéphane Dieutre, nous avions mis en avant le concept de troisième âge conversationnel. Après des millénaires de conversation à diffusion lente, puis le « broadcast » des mass media qui a monopolisé la parole et s’est imposé par sa verticalité, voilà celui des conversations numériques qui voit l’émergence de nouveaux leaders d’opinion (entraînant des communautés ou mobilisant sur des causes un réseau mondial plat et maillé), de médias participatifs et de gigantesques espaces de dialogues communautaires.
Je crois que le nouvel âge sociologique correspond à cette nouvelle vague de fond. Les exemples de nouvelles solidarités que tu cites en début d'article sont tout à fait intéressants et au sein du G9+, nous avons de fréquents échanges de fond sur ce sujet, avec notamment une conférence au sein de la quatorzaine qui s'intitulera "Réseaux sociaux, actions solidaires & associations", le lundi 30 novembre 2009 à 09:30 (http://g9plus.org/manifestation.asp#286). Peut-être pourrais-tu être un speaker de cette conférence ?
Et pour reprendre un échange G9+ récent, oui, "l’informatique semble être devenue sociale". Le technologie se focalisant de façon croissante sur les usages, elle s'immisce partout et révolutionne en profondeur les liens sociaux.
Je note également cette phrase "Le grand homme, c’est désormais le mailleur, le faiseur de réseaux" qui exprime bien dans un contexte mondialisé, du temps réel et de l'ubiquité accessible à presque tous, la plus-value des réseaux sociaux et de leur bonne utilisation (liens faibles, bras de levier du réseau,..). Oui encore, "la sveltesse connexionniste a pris le pas sur l’obésité du propriétaire de biens", car l'agilité, la connexion comme grammaire fondamentale - et pas suffisante - de l'action sociale, génèrent aujourd'hui des décalages importants entre anciens et GenY. Ceci d'autant plus que comme tu le dis justement, "la communication personnelle est devenue socialisée", ce qui signifie que les frontières entre privé et public sont poussées dans leurs retranchements, et nous savons que ce n'est pas une évolution culturelle "naturelle" pour toutes les générations.
Tu notes que "de nouvelles pistes de travail entre les DSI et les sociologues" se dessinent et ce sont probablement elles qui sauveront les DSI. Réjouissons-nous donc des "nouvelles « noces » entre les concepteurs de systèmes d’information et les sociologues".
Un grand merci pour ton article.
Bravo,
Luc